Amours tragiques

dimanche 5 novembre 2006

Parce qu’aujourd’hui j’éprouve dans ma chair la souffrance d’aimer

Parce qu’aujourd’hui je comprends que mes murmures amoureux restent sourds

Parce qu’aujourd’hui je n’ai plus le coeur à ça …

Antoine et Cléopâtre

Tous deux ils regardaient, de la haute terrasse,
L’Egypte s’endormir sous un ciel étouffant
Et le Fleuve, à travers le Delta noir qu’il fend,
Vers Bubaste ou Saïs rouler son onde grasse.

Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse,
Soldat captif berçant le sommeil d’un enfant,
Ployer et défaillir sur son coeur triomphant
Le corps voluptueux que son étreinte embrasse.

Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns
Vers celui qu’enivraient d’invincibles parfums,
Elle tendit sa bouche et ses prunelles claires ;

Et sur elle courbé, l’ardent Imperator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d’or
Toute une mer immense où fuyaient des galères.

 

José Maria Hérédia, Les Trophées

 

 

Constantin Brancusi, Le Baiser, 1923-1925 

 

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