Séparation

mardi 29 août 2006

« Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ! »

Bérénice, Racine, IV, 5

 

Man Ray, Les Larmes, 1932

La beauté du style racinien est ici exprimée dans les vers qui provoquent la plus vive émotion. Cette pièce nous raconte la séparation de deux êtres, mais aussi métaphorise la séparation de deux mondes, de deux vies, qui ne peuvent se concevoir séparemment, et pourtant ne peuvent se concilier, telle la lune et le soleil.

Cet amour impossible est ici dit dans sa pureté essentielle, celle d’une Bérénice renvoyée par l’homme qu’elle aime et qui l’aime. Racine rassemble en quelques vers l’impétuant questionnement de l’amour impossible : comment vivre sans celui qu’on aime ?

Le vers racinien devient quintessence d’une souffrance irréversible, celle de l’amour.

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Une Réponse to “Séparation”

  1. Farah Says:

    Wouah!!
    tu as choisi un des plus beau vers de Racine, c’est un véritable bonheur de le redécouvrir!
    Merci!
    Et ton analyse est géniale, très belle composition!


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