A lire absolument !

jeudi 27 avril 2006

J’ai découvert ce recueil de poésie par hasard. Je connaissais, comme tout le monde je pense, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, et je pensais que l’oeuvre poétique de Blaise Cendrars se limitait à ce très beau texte enluminé par Sonia Delaunay.
Aussi lorsque j’ai découvert le recueil Au coeur du monde, quelle a été ma surprise. Ce volume paru chez Gallimard, dans leur collection Poésie/Gallimard, regroupe plusieurs textes qui retracent le voyage initiatique de Blaise Cendrars de Paris vers Sao Paulo, au Brésil.
Les poèmes sont libres, de longueurs variables, et font succéder des paysages réels, et des territoires fantasmés. Ce recueil de Blaise Cendrars nous livre les différents éléments de l’univers poétique et littéraire du poète-bourlingueur, accordant une place de choix à la thématique maritime, et à celle du voyage. Ces poèmes expriment à merveille l’expérience ontologique qu’est le voyage, épreuve au travers de laquelle renaît l’homme dans son rapport au monde. En témoigne un extrait, le poème « Paysage » :

La terre est rouge
Le ciel est bleu
La végétation est d’un vert foncé
Ce paysage est cruel dur triste malgré la variété infinie des formes végétatives
Malgré la grâce penchée des palmiers et les bouquets éclatants des grands arbres en fleurs fleurs de carême

Eclat de poésie

jeudi 20 avril 2006

Tremblement

Des colonnes d’odeurs sauvages
Me hissent jusqu’à toi,
Langue rocheuse révélée
Sous la transparence d’un lac de cratère.

Fronde rivale, liens errants
Une vie antérieure
Impatiente comme la houle,
Se presse et grandit contre moi

Et, goutte à goutte, injecte son venin
Aux feuillets d’un livre qui s’assombrit
Pour être mieux lu par la flamme.

De ce ramas de mots détruits
Entre les ais de la mort imprenable
Naîtra la plante vulnéraire

Et le vent noueux au-delà.

Dupin, L’Embrasure

Man Ray

Plaisir exquis

mercredi 19 avril 2006

« L’incertitude est l’essence même de l’aventure amoureuse. »

Oscar Wilde


Doisneau, Le Baîser de l’Hôtel de Ville

Art poétique printanier

lundi 17 avril 2006

Monet, Nymphéas, détail

Au nectar d’orchidée

le papillon
parfume ses ailes


Matsuo Bashô

Bourlinguer

dimanche 9 avril 2006


Prose poétique qui nous emmène sous le chaud soleil de Marseille, savourer cette ville !

« Je n’ai jamais habité Marseille et une seule fois dans ma vie j’y ai débarqué descendant d’un paquebot, le D’Artagnan, mais Marseille appartient à celui qui vient du large.
Marseille sentait l’oeillet poivré, ce matin-l
à.
Marseille est une ville selon mon coeur. C’est aujourd’hui la seule des capitales antiques qui ne nous écrase pas avec les monuments de son passé. Son destin prodigieux ne vous saute pas aux yeux, pas plus que ne vous éblouissent sa fortune et sa richesse ou que ne nous stupéfie par son aspect ultra-ultra (comme tant d’autres ports
up to date) le modernisme du premier port de France, le plus spécialisé de la Méditerranée et l’un des plus importants du globe. ce n’est pas une ville d’architecture, de religion, de belles-lettres, d’académie ou de beaux-arts. Ce n’est point le produit de l’histoire, de l’anthropogéographie, de l’économie politique ou de la politique, royale ou républicaine. Aujourd’hui elle paraît embourgeoisée et populacière. Elle a l’air bon enfant et rigolarde. Elle est sale et mal foutue. Mais c’est néanmoins une des villes les plus mystérieuses du monde et des plus difficiles à déchiffrer.

« Secrets de Marseille », L’Homme foudroyé, B. Cendrars

Charme d’une rencontre

mardi 4 avril 2006

Klimt, Le Baiser

La Fortune a mis sur mon chemin une rencontre envoûtante, une invitation au voyage des sens … Rimbaud

« Fleurs »

D’un gradin d’or, – parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, – je vois la digitale s’ouvrir sur un tapis de filigranes d’argent, d’yeux et de chevelures.
Des pièces d’or jaune semées sur l’agate, des piliers d’acajou supportant un dôme d’émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose d’eau.
Tels qu’un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.

Les Illuminations, A. Rimbaud